Les muses du grand cerf
Les muses* du grand cerf
Cette nuit, mes yeux font scintiller les étoiles semées au firmament de la voûte Céleste. La pleine lune s’éblouie du spectacle, caressée par Jupiter éclairée qui se dévoile, planète à la grande tache rouge au plus prés de la terre : ( 591 millions de Kms ) en ce mois de Septembre 2010.
Cette obscurité est grandiose, notre satellite naturel se mire sur les ondoiements de la surface de l’étang, qu’une légére brise du sud anime. Le visage de notre astre si régulier, s’ovalise au gré des rides et s’allonge sur les ondes de son miroir ébloui. Les phragmites épais bruissent sous les caresses de ce vent doux et léger. Poésie d’instants, à cette seconde où tous les sens sont fébriles. La nuit que l’on pourrait imaginer si silencieuse s’anime. Loin, très loin les aboiements d’un chien qu’une inquiétude réveille perturbent le calme de cet Eden. Dame Lune se masque de légers cirrus. Réveillée la chouette hulotte ou chat huant perchée au creux du feuillage du grand chêne multi centenaire chuinte. Ses hululements singuliers, vespéraux, en font dans l’esprit populaire un oiseau de malheur. Pour les romains elle annonçait la mort. Des colverts cancanent et traversent le rai de la lune. Un héron cendré surpris s’envole en rase-mottes, en criant d’un son rauque et croassant, agitant les grenouilles dans un concert assourdissant. Un ragondin en silence se frotte la moustache assis sur son derrière. L’activité de la faune nocturne prend tout son sens dans cet univers d’eau, de roseaux, de vasière, de taillis, de brandes, ceint de grands feuillus. La fièvre des secrets de la vie entre le coucher du soleil et son lever, l’émotion de ces moments, et la connaissance de ce temps, ou chaque bruit demande à être identifié, amplifie cette durée de partage avec le lieu. La paix intérieure avec soi même poétise tous ces instants
Le craquement de bois morts, le déplacement de feuilles mortes, un souffle perceptible rompt cette plénitude. Du couvert de la forêt de chênes pédonculés, qui encerclent l’immense étendue liquide, les muses d’un grand cerf, le commencement du rut.
A suivre
J.Claude TERNY
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